Les blogues : mode versus mode de vie

Nicolas Ritoux, un ami journaliste artisan de phrases bien apprêtés, vient de répondre à l’appel (irrésistible ?) du carnétisme. Son discours inaugural m’a fait éclater de rires :

Il fut un temps où je collaborais à plusieurs sites Web, où j’écrivais de longs discours sur les listes de discussion, et où je poussais l’effort jusqu’à écrire à des jeunes filles sur Réseau Contact. Je viens seulement récemment de retrouver cette fibre de l’écriture bénévole.

Cette réconciliation est peut-être le fruit des trente ans que je viens de me prendre en pleine face. Je me sens soudainement investi d’un paquet de responsabilités : avoir des enfants, m’engager sérieusement avec une femme, devenir sobre, sain et non fumeur, et toutes ces choses qu’on attend d’un homme adulte.

Quoique Nicolas écrivais des textes sur le Web bien avant que les blogues existaient, il ironise sur son sort en disant que « À première vue, créer mon blogue après tout le monde en 2006, c’est pas fort pour un journaliste techno qui se veut à la pointe du progrès. » Je me suis dit un peu près la même chose ce printemps : pour un rédacteur-traducteur qui est sollicité par des agences Web experts en expérience utilisateur afin de réviser leur rapports et gérer la création de textes adaptées à la lecture sur l’écran, c’est drôle que je n’avais pas de blogue.

Ceci dit, je ne crois pas qu’on devrait faire un truc simplement parce que c’est nouveau ou parce que c’est à la mode. Je lis des blogues depuis que ça existe ; je n’avais pas envie d’en avoir un jusqu’à tout dernièrement. Sommes-nous arrivés tard à cette fête carnétiste ? Peut-être. Mais ce n’est pas le premier arrivé qui compte. L’important est d’être encore debout (et intéressant) quand la fête poursuit et bat son plein. Pour ça, c’est jamais trop tard de se joindre à la fiesta.

3 Responses to “Les blogues : mode versus mode de vie”


  1. 1 Jason67

    Personellement, j’adore avoir un blog (et je suis fier que c’est le premier en existance sur l’expo 67!).

    J’me sens comme je peux contribuer a un grand évenement de notre histoire, et, indirectement, l’expo continue a vivre dans notre imagination collectif…

  2. 2 duncan

    \”Mets-en\” que j\’aime ça ! C\’est pas ça que je veux dire.

    J\’argumente qu\’il faut être motivé parce qu\’on voit ça comme une mode de vie et non simplement une mode. Vu comme çâ, ça moins d\’importance quand on commence et de quoi on parle.

    Et j\’aime bien que 2 anglos puissent tenir une conversation en français comme ça ! Vive Montréal !

  3. 3 Jason67

    Oui, absolument, c’est devenu une mode de vie…

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